Vergers 10: un bâtiment destiné à des PME et des associations d’intérêt public

Le refus par le Conseil communal de Vevey de vendre le bâtiment Vergers 10 n’est pas le fruit du hasard. L’argumentation municipale s’est effritée au fil du temps. La visite du bâtiment souhaitée par le conseiller communal PLR Serge Doriot a surtout permis aux participants de constater que ce bâtiment n’était pas en si mauvais état que cela. Les photos voulues alarmantes montrées par le municipal Etienne Rivier n’en étaient que moins crédibles. Le fait que la Fondation de Nant se soit montrée intéressée au rachat du bâtiment pour une somme de 4 millions a probablement achevé de convaincre des élus socialistes que la démarche de vente à ce partenaire n’était pas la bonne. Vevey Libre estime que ce bâtiment doit être dévolu à des petits artisans et conserver son affectation associative avec la location d’un étage au Centre portugais.

Désormais la Municipalité doit relouer les locaux aux usagers afin de ne pas continuer à ne pas encaisser de loyers, comme c’est le cas pour une partie des espaces dont les baux ont été résiliés et les locataires sont partis. Cela va permettre à des PME de respirer ainsi qu’à des associations qui y louent toujours les locaux à l’instar de la Communauté portugaise dont les bail a été résilié sans état d’âmes.

Voici l’argumentation développée jeudi soir par Francis Baud, élu Vevey Libre.

Je reste perplexe face à cet entêtement de vouloir vendre cet immeuble quasi en catastrophe, alors que l’on en avait plus parlé depuis 5 ans, lorsqu’il était décidé de l’acheter pour en faire une opération stratégiquement importante. Et tout le monde était content.

Et voilà subitement, il n’y a de cela que quelques mois, un brusque retour de manivelle : il faut se départir de cette verrue au plus vite, faute de quoi la Ville va se trouver instantanément en faillite.

Au niveau de développement stratégique, on a déjà vu mieux que cela.

Mais qu’est-ce qui pousse non édiles à subitement faire un tel virement de 180° ?
– De voir se construire, non pas 135 appartement qui amèneront des contribuables soi-disant intéressants, mais 170 ?
– De voir cet espace derrière la gare devenir propre en ordre, de préférence sous forme d’un espace « dortoir », alors que nous nous trouvons en plein centre-ville, de plus en zone d’affectation mixte ? Dans l’intérêt de qui ? De la population veveysanne ? De laquelle ?
– D’assainir d’un seul coup de crayon tous nos problèmes financiers communaux ? Balivernes.

Engagements électoraux pas tenus 

Rappelons-nous tous des promesses électorales que nous avons faites en 2011 :
– Sauvegarde de notre tissu d’entreprises artisanales et de services,
– Aide à nos communautés culturelles, sportives et étrangères,
– Promotion de l’intégration

Et qu’est-ce que nous faisons aujourd’hui :

– Nous jetons à la rue des communautés et des artisans en leur donnant comme consigne : allez voir ailleurs !

Eviter une mauvaise opération financière

Nous avons aussi promis d’assainir nos finances :
– Notre budget 2014 va à plus de 4 mio de déficit. Bonne augure.
– La vente de Verger 10 va aggraver ce déficit de plus de 100’000.–/an pour raison de suppression d’encaissement de loyers.
– La vente va certes permettre de transformer de la pierre (rappelez-vous le montant global de 5,2 mio) en 4 mio d’argent liquide. Donc une diminution de valeur de 1.2 mio. Cherchez l’erreur.
– Nous sommes très loin du bon chemin pour aller vers un équilibre promis à nos électeurs.

Cet immeuble Verger 10 est en parfait état de fonctionnement et ne coûtera pas plus en entretien que bon nombre d’autres immeubles de la Ville. Tous les architectes consultés sont du même avis.

Nos liquidités sont en parfaite santé. N’en déplaise à notre ministre des finances qui n’a pas encore compris que l’assainissement des finances de la Ville ne se fera que par l’augmentation de la marge d’autofinancement, qui elle ne se fera évidemment pas par la vente de Verger 10. Mais j’admets que c’est quelque peu compliqué à comprendre.
Ne mettons pas les Portugais à la rue (ils n’ont toujours rien trouvé), relouons les locaux qui sont en parfait état, tel qu’on a pu le constater lors de la visite de la semaine dernière.

Laissons les choses telles qu’elles sont actuellement. On aura beaucoup plus de chance d’ici 5 à 10 ans de ne pas devoir regretter d’avoir dilapidé un patrimoine dont personne ne sait au fond de lui-même pourquoi il faut le vendre et pourquoi juste maintenant.

Nous savons tous que nous n’aurons jamais aucun problème pour vendre cet immeuble, n’importe quand, le jour venu. Mais pas aujourd’hui, et surtout pas à ces conditions et seulement après avoir vraiment murement réfléchi à toutes les incidences politiques, urbanistiques et financières, de préférence en utilisant le moyen de la consultation de tous les acteurs concernés et non pas en vase clos.

Ne commettons pas cet acte irréfléchi.

Francis Baud

Voyez et écoutez Francis Baud lors de son allocution devant la télévision le soir du 5 décembre, juste avant le vote final qui a balayé définitivement le préavis de vente avec une majorité confortable :

http://youtu.be/obheSW7y5ug

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2 réponses à “Vergers 10: un bâtiment destiné à des PME et des associations d’intérêt public”

  1. Letsch Christophe 7 décembre 2013 le 9:15 #

    Bravo Francis ! Et bravo à VL en général. Vous avez fait un excellent travail de persuasion et pu démontrer que cette vente était effectivement une erreur.

  2. Emmanuel Gétaz 9 décembre 2013 le 13:03 #

    Bravo à VL, qui démontre l’importance de réfléchir aux conséquences, au lieu de prendre des décisions précipitées.

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